Mars 2026

Le clan du sorgho rouge de Mo Yan

Le Clan du sorgho rouge nous plonge dans l'Empire chinois des années 30, à feu et à sang. Bandes armées communistes et nationalistes se vouent une haine sans merci tout en combattant, en ordre dispersé, l'envahisseur japonais. À Gaomi, au pays de Mo Yan, le grand-père du narrateur, chef des brigands du lieu, et la grand-mère, maîtresse d'une grande distillerie d'alcool de sorgho, héros flamboyants de la résistance, mènent les paysans à la bataille. Scènes d'amour, de frénésie et de cruauté, où l'horreur se mêle au comique, se succèdent dans cette ode à la liberté et à l'indépendance. Les villageois ne se battent que par attachement à leurs proches, à leurs héros et surtout à la terre mère. Idéologie et prestance militaire virent au grotesque. Le sang coule et inonde les champs de sorghos rouges et la rivière noire. Le soleil couvre de reflets d'or l'eau, la terre imbibée de sang, les figures des hommes ivres et emporte le lecteur dans la tempête.

Les commentaires du club sur 
Le clan du sorgho rouge de Mo Yan 

Seules 3 personnes ont été jusqu’au bout du livre, 2 ont abandonné rapidement et les autre ne l’ont pas lu.  Toutes celles qui l’ont lu ou ont essayé de le lire, s’accordent pour souligner que l’écriture est belle, avec de belles métaphores, mais que les scènes de guerre et les horreurs décrites sont difficilement soutenables pour aller au bout du livre.
La critique de Geneviève :
Le sorgho, omniprésent dans le récit de Mo Yan. Sorgho rouge du sang des combats entre communistes nationalistes et brigands de grand chemin sur fond de lutte contre l’envahisseur japonais. Le livre nous raconte la vie du grand père et du père de l’auteur enrôlés dans une guerre civile sans merci et l’affrontement avec les japonais. Des scènes cruelles à la limite du soutenable entre supplices dénonciations, châtiments, famine, conditions de vie misérable. Une grand-mère têtue et indépendante qui gère sa distillerie de sorgho de main de maître mais sans pitié. Nous sommes en 1920 et la misère sévit dans les compagnes. L’auteur prend le parti de faire des allers-retours entre les différentes époques, parlant de son père et de ses grands-parents dans un même chapitre. J’ai été perturbée par cette écriture brouillonne. En conclusion la lecture a été fastidieuse et les récits d’horreur étaient à la limite de la nausée. 

Les Filles du Shandong de Eve J. Chung

Inspirée d’une histoire vraie, l’épopée bouleversante d’une mère et de ses filles en quête de liberté. Dans la riche famille Ang, naître fille est une malédiction. Depuis des années, la mère de Hai subit les humiliations de sa belle-famille qui lui fait payer de ne pas avoir donné naissance à un fils. Quant à Hai et ses jeunes sœurs, elles sont vues comme de simples bouches à nourrir. En 1948, alors que la guerre civile chinoise s’apprête à ravager la province du Shandong, les Ang prennent la fuite, abandonnant Hai, sa mère et ses sœurs aux mains des communistes. Conscientes que le pire est à venir, les femmes laissées pour compte n’ont d’autre choix que de fuir à leur tour. Affamées, sans ressources, un faux permis de voyage en poche, elles se lancent dans un périple de milliers de kilomètres, du Shandong à Taïwan en passant par la Hong Kong britannique. Et, au fil de ce voyage périlleux, elles découvriront une forme inattendue de liberté : celle de s’emparer de leur destin, de briser les chaînes imposées par leur sexe et de faire entendre leur voix.

Baguettes chinoises de Xinran

« Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! » Trois sœurs décident de quitter leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans une grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'elles ont apprise : leur mère est une ratée qui n'a pas su enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro comme prénom. Les femmes, leur répète leur père sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont des poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison. A Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté des mœurs et la sophistication des habitants. Elles vont faire preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir leur place au soleil.

Gens de Pekin de Lao She

À travers les personnages très divers que l'auteur met en scène dans ces nouvelles, c'est toute la vie pékinoise, à la fin de l'Empire et dans les premières années de la République, qui resurgit. Les prostituées y côtoient les amateurs d'opéra et les agents de police ; les bandits y font bon ménage avec les honnêtes gens, les simples artisans avec les petits commerçants. De ce monde, qui a aujourd'hui presque totalement disparu, l'auteur a su retenir le meilleur : une vie où la tragédie n'exclut à aucun moment l'humour.

Triste vie de Chi LI

Yin Jiahou se lève à cinq heures dans la pièce inconfortable et exiguë qu'il partage avec sa femme et son fils de quatre ans. Il ne rentrera que tard le soir pour retrouver une vie conjugale monotone empoisonnée par la question cruciale du logement. Entre-temps, il aura fait la queue partout ; affronté, son fils dans les bras, la cohue des transports en commun ; appris avec dépit qu'il ne touchera pas cette prime de première classe qu'il escomptait ; enquêté sur les prix exorbitants de l'alcool en prévision de cadeaux d'anniversaire qu'il doit offrir ; reçu du directeur de l'usine la consigne de préparer l'accueil d'une délégation japonaise. Il aura médité sur la distance qui sépare le rêve de la réalité, songé avec mélancolie aux espoirs de sa jeunesse et à d'autres amours possibles, passées et à venir, sans toutefois tenter le moindre pas dans cette direction utopique, car il demeure profondément attaché à son foyer, malgré cette grisaille, ou peut-être à cause d'elle. Une journée ordinaire dans une existence ordinaire : Chi Li s'attache à serrer au plus près la réalité chinoise contemporaine. Les ouvriers qu'elle évoque n'ont plus rien à voir avec les travailleurs héroïques qu'exalta le maoïsme triomphant et son roman est avant tout un témoignage poignant sur ces vies insignifiantes, ignorées des rubriques de géopolitique, sur lesquelles repose pourtant le destin de la Chine de demain.

Une canne à pêche pour mon grand-père 
de Gao Xingjian

De rares nuages défilent au-dessus d’un vieux temple en ruine. Un jeune couple en voyage de noces savoure toute la plénitude de son bonheur. Deux anciens amants regardent le soleil s’éteindre dans un parc. Un homme est rattrapé par le souvenir ému de son grand-père… L’amour, la douceur de l’enfance, l’amitié et l’injustice de la vie se mêlent avec grâce dans ces six nouvelles.Gao Xingjian a reçu le prix Nobel de littérature en 2000 ,il appartient à ce qu'on pourrait dire l'école du vrai. De fait, chaque mot qu'il écrit est lesté de son poids de sens vécu et trouve sa place dans une langue limpide et pure de toute fioriture - chaque mot sonne vrai. »

La couleur du bonheur de Wei-Wei

Mei-Li quitte tout pour rejoindre sa fille, Bai-Lan, et ses petits-enfants. Le gendre ? Envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste. Ensemble, les deux femmes affrontent la misère et les persécutions. Cuisinière hors pair, conteuse de talent, Mei-Li ramène la joie dans cette famille brisée par le communisme. Sa méthode : infusions au gingembre, cueillette de kiwis et histoires abracadabrantes. Cela touche infiniment. Comme touche, loin de ces tumultes, cette manière de raconter la vie la plus humble, ses joies les plus modestes. Elle fait le charme du livre.

Cité de la poussière rouge de Qiu Xiaolong

Shanghai, cité de la Poussière Rouge. Dans cet ensemble composé de shikumen – maisons traditionnelles shangaïennes – les habitants aiment se réunir dans l’une des allées pour leurs «conversations du soir». Pendant plus de cinquante ans, de la prise du pouvoir du Parti communiste en 1949 jusqu’à la période actuelle du «socialisme à la chinoise», en passant par la Révolution culturelle, chacun tire sa chaise à l’extérieur, chacun tisse son récit. Travail, précarité, ambition et amour se déclinent selon la grammaire socialiste, car rien n’échappe à l’idéologie. La cité est un microcosme à l’image du pays, dans lequel la poussière rouge recouvre jusqu’aux pensées de ses habitants.

English de Wang Gang

Aux rives du désert et des montagnes enneigées d'Asie centrale, à Urumqi, un jeune garçon découvre la vie. Près de son immeuble, il y a le cimetière où dansent les feux follets, le ciel d'un bleu infini comme il n'en existe nulle part ailleurs, et ce vieil orme de l'école où il grimpe pour regarder le monde sans être vu. Car le jeune Liu Aï aime beaucoup écouter aux portes et épier les gens. Que ce soit la belle Hajitaï à la peau si claire et aux cheveux incroyablement blonds. Ou les secrets et manœuvres des adultes, qui en ces années de Révolution cultuelle forment un réseau de mystères aussi attirants que redoutables. Et lorsqu’arrive un jour un élégant Shanghaïen, avec son gros dictionnaire d'anglais sous le bras, pour enseigner la langue d'Oxford, il devient le symbole de toutes les attentes et des rêves les plus merveilleux de l'adolescence. Ce gentleman va ouvrir Liu Aï à un monde inconnu, fait de parfum, de culture et de libre pensée. English est un roman plein de fraîcheur, de mélancolie, débordant de l'énergie de l'enfance et de la nostalgie lucide de l'écrivain qui la regarde. Il raconte un temps où " le bonheur était rouge du sang versé " mais aussi vibrant d'élans et d'espoirs qui n'avaient pas encore été trompés. Car à toute personne, il faut un rêve. C'est comme une maison, elle a besoin de fenêtres.

Le Dernier quartier de lune de Chi Zijian

Ecoutez la voix d'une femme qui n'a pas de nom car son histoire se fond avec celle de la forêt de l'extrême nord de la Chine. Elle partage avec son peuple une vie en totale harmonie avec la nature, au rythme des migrations des troupeaux de rennes et du tambour des Esprits frappé par les chamanes. On y rencontre des hommes vigoureux comme des arbres, un vieillard élevant un autour pour se venger du loup qui l'a rendu infirme, un chamane qui tisse une mirifique jupe en plumes pour prendre au piège la femme qu'il aime, et aussi les guerres et les convoitises extérieures qui viennent menacer ce monde fragile.Sa voix coule comme l'eau, de sa venue au monde annoncée par un renne blanc à son grand âge qui n'attend plus que des funérailles dans le vent. Et lorsque sa voix se tait, elle continue à résonner en nous comme si quelqu'un de très lointain nous était devenu très proche et ne voulait plus nous quitter.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vasquez

Une œuvre de fiction sans aucun épisode imaginaire. Une relation père-fils marquée par l’idéologie politique et le fanatisme. De passage à Barcelone pour la rétrospective qui lui est consacrée, le réalisateur colombien Sergio Cabrera s’interroge : quelle aurait été sa vie sans l’influence de son père ? Ce père, maoïste convaincu, qui emmena sa famille vivre à Pékin pendant la Révolution culturelle et les enrôla, au péril de leur vie, dans la guérilla colombienne. Sergio a suivi l’entraînement militaire du Parti et a combattu dans la jungle au nom de la révolution. Il a été garde rouge et ouvrier. Il a même connu le Paris de 1968 et rencontré Louis Malle. À la fois roman d’apprentissage et fascinante fresque politique, Une rétrospective est le récit haletant d’une vie hors du commun soumise aux forces de l’Histoire. 

Après minuit de Gillian Mc Allister

Pour sauver son fils, elle doit l'empêcher de devenir un tueur... Sauf que le meurtre a déjà eu lieu. 30 octobre 2022, minuit. Dans la banlieue de Liverpool, Jen Brotherhood guette par la fenêtre le retour de soirée de son fils, Todd, dix-huit ans. Elle n'est pas inquiète, c'est un ado responsable. D'ailleurs, le voilà qui remonte la rue. Mais soudain, le choc : elle le voit se précipiter sur un inconnu et le poignarder de sang-froid. Les heures qui suivent sont un enfer : l'incompréhension, le poste de police... Lorsqu'elle se réveille le lendemain, Todd est dans sa chambre, comme s'il ne s'était rien passé. Nous sommes le 29 octobre. La veille du meurtre.
Dans cette nouvelle réalité, à rebrousse-temps, Jen cherche des réponses. 

Kanaka de Stéphane Chamak

Un road movie de six jours, aux États-Unis, quelque part le long des Rocheuses, vers le Wyoming, le Nebraska jusqu‘au Canada. Un road trip déjanté avec des personnages attachants et percutants. Dans ce périple américain, le lecteur suit Larry le Flic, un chien crasseux Baggins, Hoodoo et bien sûr la Silverado. Où vont-ils ? Pour quelles raisons? Chacun porte son secret. Et finalement, peu importe puisque c'est bien le voyage qui compte et non la destination. A l'image de cette Amérique sauvage et sans ambages, les personnages sont bruts de décoffrage. Hoodoo, cette ado qui veut juste aller « Ailleurs ». La castagne n'est jamais loin avec Larry dont le cœur immense regrette presque d'avoir embarqué cette gamine, et Baggins, ce flic qui s'accroche à sa vieille Silverado comme à ses rêves. Un rythme d'enfer, une intrigue qui tient debout, des personnages qu'on quitte à regret. Il se dégage de cette histoire une petite sensation de fin de monde compensée par des paysages sublimes et des personnages attachants par leur humanité. Lecture captivante par la poésie et l'humanité mais aussi par la lumière qu'elle dégage. La plume de l'auteur peut être tout à la fois brute, évanescente, impertinente, percutante, tendre et acide. On passe du rire aux larmes, de la légèreté à la réflexion sur l'humain et sur la société/politique américaine. La bande son du livre : Bob Dylan, Mark Knopfler, Emmylou Harris, Clapton, Springsteen, Leonard Cohen…

Pour tout l’or de Brest de Wazo

Wazo, artiste urbain réputé, passe ses nuits dans le métro à la recherche de lieux à «décorer». Dans un tunnel désaffecté, il rencontre un SDF qui lui affirme posséder un trésor en lingots d’or, qu’on chercherait à lui dérober. Le lendemain de cette révélation abracadabrantesque, le vieux clochard est assassiné. Le jeune graffeur, soupçonné par la police, quitte Paris et part pour Brest, muni d’une carte postale et d’une vieille photo subtilisées dans la caverne de la victime. Son arrivée dans la cité du Ponant va, pour le moins, bousculer les Brestois. Pour tout l’or de Brest, beaucoup sont prêts à tout, même au pire. Une plongée saisissante dans l’univers du graffiti vandale et de l’exploration urbaine (Urbex), loin des paillettes du street art et de certains fantasmes colportés par les médias. Mais aussi, et surtout, une trépidante enquête dans la plus grande ville du Finistère. Au menu de cette originale course au trésor : la nouvelle déco de la rue de Siam (peu académique, on s’en doute) ; une visite chargée d’histoire de l’Atelier des Capucins et des tunnels de l’Arsenal; des témoignages captivants sur les curieux affrètements de la Banque de France en 1940; et, bien évidemment, quelques escapades amoureuses en bord de mer.

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